Le Déni

Freedom (2)

Ça fait un moment que j’y pense à ce sujet. Ayant moi-même été dans le déni quelques fois et je me dis que cela vaut le coup d’en parler parce que ce truc peut-être super puissant.

Le déni, un protecteur temporaire


Commençons par le commencement. Définition du déni : « refus de reconnaître quelque chose ou fait de refuser quelque chose qui est dû ». Pour ma part je préciserai qu’il s’agit d’une vérité inconsciente qu’on (notre cerveau) ne veut surtout pas « mettre en conscience ». Le déni est un garde-fou psychologique, un mécanisme mental qui occulte une vérité trop difficile à (di)gérer émotionnellement.

Je me souviens très bien de cette période qui a duré presque un an avant mon divorce. L’univers m’a envoyé tellement de signes pour me faire comprendre que je n’étais pas dans la bonne vie, avec la bonne personne. Je faisais tout pour ne pas les voir. Parce que les voir c’était réaliser qu’il fallait que je divorce après un an et demi seulement de mariage (et presque 6 ans de relation). Impossible. Je ne pouvais plus revenir en arrière. En plus on avait acheté un appartement. La seule idée de me séparer me terrifiait. J’avais trop peur de décevoir mon mari, qu’il soit en colère contre moi, de finir seule, de décevoir ma famille, de tout perdre, notamment les amis qu’on avait en commun. J’étais bourrée de peurs et d’angoisses. Mais je sentais bien là, au fond de moi, que j’étais vide, que je m’étais trompée, que je fonçais dans le mur. Il a fallu entre autres que je vive le décès de ma jeune cousine, que je me fasse opérer des trompes de Fallope et que je tombe malgré moi éperdument amoureuse de quelqu’un d’autre pour enfin voir la réalité en face. La mort de ma cousine m’a rappelé que j’étais vivante, qu’on avait qu’une vie, et que la mienne… ne me ressemblait pas. Après des mois de stress et de pression alors qu’on essayait de faire un enfant, mes trompes de Fallope « se sont rebellées » (dixit le gynéco) ; et étant mariée, avoir quelqu’un d’autre dans la tête en permanence malgré une longue lutte me posait un gros problème moral et me faisait prendre conscience que je n’aimais pas ou plus mon conjoint.

Ce qu’on pense qu’on devrait ressentir vs ce que nous ressentons vraiment


Plus récemment, il y a eu le déni au boulot aussi. Le déni de mon mal-être malgré une super équipe et une bonne ambiance. Tout comme pour mon mariage, je me disais que je devais me sentir bien et à ma place dans cette boite qui « marchait bien » contrairement à beaucoup d’autres, où la moyenne d’âge était de 32 ans et dans laquelle j’avais « un bon poste ». Mais j’ai maintenant compris la leçon ; ce qui est important ce n’est pas ce qu’on « devrait ressentir » mais ce qu’on ressent en réalité au fond de nous. Il arrive qu’on s’oublie et qu’on se déconnecte de notre ressenti profond. Et moi, au fond de moi, je me sentais mal en réalité. Même si j’avais du mal à le verbaliser, à l’expliquer et que je ne le montrais pas, je dépérissais complètement. Plusieurs choses m’ont poussé à partir au fil des mois ; un bureau individuel flambant neuf mais qui me coupait de mon équipe et m’isolait, un constat grandissant de certains comportements irrespectueux et inacceptables, une perte de sens par rapport à mes missions. J’ai fini par comprendre qu’il fallait que je parte, après presque 7 ans.

La bataille entre le cœur et la raison


Oui bon quitter son boulot d’accord mais comme dit mon père « on sait ce qu’on perd mais on ne sait pas ce qu’on retrouve! » Sauf que je connais la puissance limitante de certaines peurs et croyances, et j’en eu marre d’avoir peur. De toute façon il fallait que la situation change avant que je sombre totalement dans la dépression. Alors au fil de mes réflexions j’ai compris et d’une que je ne voulais plus du tout travailler dans la Supply chain ou le commerce international, et de deux que je ne voulais plus non plus travailler dans une entreprise. J’en ai donc profité pour carrément me demander…ce que je rêvais ou avais toujours rêvé de faire comme métier (tant qu’à se foutre dans la merde, autant y aller jusqu’au bout). J’ai donc recommencé à rêver, à imaginer, à envisager de nouvelles choses qui me correspondaient vraiment. Et là, la joie est revenue. Et l’énergie qui va avec. J’ai commencé à si bien me retrouver, que la force et le courage sont revenus, accompagnés d’une détermination de dingue. C’est là que j’ai réalisé à quel point je m’étais perdue et que dorénavant je m’écouterais. Parce qu’à ne pas s’écouter on perd une partie de soi, de son âme. Le meilleur indicateur est cette tristesse persistante et ce sentiment de vide en soi.

Accepter et laisser faire


Bref, pour en revenir au déni, je pense qu’on ne peut rien contre lui. Parce que tant que c’est notre inconscient qui a les commandes, on ne peut pas prendre conscience de quelque chose. Mais il a une fonction non négligeable : il nous protège. Il est de mèche avec l’Ego, qui active nos peurs pour ne pas risquer de tomber le masque et de mettre son coeur à nu. Souvent d’ailleurs, rien ne sert de dire à quelqu’un une vérité évidente aux yeux de tout le monde si il n’est pas du tout prêt à l’entendre. Cela risque même de le braquer. Et puis non seulement toute vérité n’est pas bonne à dire, mais en plus chacun a sa propre vérité! C’est généralement le temps, qui révèle à notre conscience ce que l’inconscient cachait. Nous n’ouvrons les yeux que lorsque nous sommes prêts à les ouvrir. Offrons-nous donc le temps d’être prêt pour chaque étape de notre vie.

Et vous, avez-vous déjà été ou pensez-vous être dans le déni? Êtes-vous prêts à ouvrir les yeux ou avez-vous besoin de temps ?

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